« La [notion moderne de] travail conduit a penser d’avantage à la sécurité matérielle qu’à la liberté ou l’indépendance. L’indépendance ne peut venir que d’une chose qui la garantit, à savoir la propriété privée. Par propriété privée, nous ne parlons pas tellement des biens de consommations, telles que la maison locative, la nourriture, les vêtements, l’automobile, mais plutôt de capitaux de production, à savoir sa propre ferme, des entreprises coopératives ou une part dans la direction, dans la rente ou la possession d’industries.On pourrait croire qu’aujourd’hui, le travail n’est satisfait que par les capitaux finis, et non par les capitaux permettant la création, c’est à dire, par des biens de consommation et non des biens de production. Tandis que le travail insiste sur les droits et sur une journée à court terme, des salaires justes, de bonnes conditions de travail et le droit à la corporation, on ne doit pas oublier que dans le même temps, que la prospérité et la stabilité de ce travail repose sur ces choses. Même quand toutes ces conditions de travail sont réunies, l’homme n’est alors pas plus indépendant. Aussi longtemps qu’un travailleur reçoit son salaire de l’employeur qui le paye, il restera dépendant d’une organisation en ce qui regarde la stabilité de ses bonnes conditions de travail, il n’est donc pas indépendant, bien qu’il puisse être bien nourri. La liberté signifie alors la libération de la personnalité vis-à-vis de la tyrannie de la horde. On doit donc se souvenir qu’il est possible d’avoir un pays d’esclaves bien nourris. »

Fulton J. Sheen, Freedom Under God, 1940.

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