« Révélée de Dieu au premier jour du monde et fondée sur les rapports nécessaires et immuables qui existent entre Dieu créateur, père, fin dernière de l’homme, et l’homme créature, enfant de Dieu gratuitement destiné à le voir face à face dans le ciel, la Religion dans l’Ancien Testament se rapportait tout entière à Jésus-Christ à venir, lien mystérieux et nécessaire de l’alliance entre Dieu et l’homme, comme dans le Nouveau Testament toute la Religion se rapporte à Jésus-Christ venu. La foi en Jésus-Christ a été le fondement de la Religion dans tous les siècles. Le Juif, pour être justifié, devait croire en Jésus-Christ promis, comme le Chrétien doit croire en Jésus-Christ venu. Toute la différence consiste en ce que le Juif était, dans l’ordre de la Religion, un enfant qui n’en connaissait que les éléments, et à qui l’on n’enseignait que les premiers principes à cause de la faiblesse de son âge ; au lieu que le Chrétien est un homme fait, qui en pénètre la substance et qui possède la connaissance claire, ce que les Juifs croyaient sans le comprendre, comme les Saints dans le ciel voient ce que nous croyons sur terre. »

Mgr Gaume, Catéchisme de persévérance, Tome 2, pp. 312-313.

« Puisque la Religion a toujours été une et la même depuis l’origine du monde, il s’ensuit, mes chers enfants, que la société ou l’Eglise, dépositaire, interprète et personnification de la Religion, a toujours été une et la même ; en sorte qu’il n’y a jamais eu et qu’il n’y aura jamais qu’une seule véritable Eglise, comme il n’y a jamais eu et comme il n’y aura jamais qu’une seule vraie Religion. Comme la Religion, l’Eglise est catholique : embrassant tous les temps et tous les lieux : c’est une des marques de sa divinité. Ainsi la Religion et l’Eglise sont deux sœurs qui sont nées, qui ont grandi, qui vivent ensemble, et qui ont éprouvé les mêmes vicissitudes. Traçons un rapide tableau des admirables rapports qui existent entre l’Eglise avant Jésus-Christ et l’Eglise après Jésus-Christ.

Perpétuée avant le déluge dans la postérité de Seth, représentée après le déluge par les familles patriarcales d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, elle voyage étrangère dans un pays dont la possession lui est promise, et où elle doit asseoir un établissement durable. Mère tendre et éclairée, elle n’offre alors à ses enfants que du lait, afin de les préparer à recevoir plus tard la nourriture solide. Son enseignement se voile sous la forme des images et des symboles : langage naïf des mères aux enfants. Cruellement persécutée en Egypte pendant plusieurs siècles, elle sort enfin triomphante de cette longue épreuve ; puis, sous la conduite de Moïse, marchant au travers des prodiges, elle détruit sur son passage, et les nations païennes, et leurs temples, et leurs idoles, jusqu’à ce qu’elle se repose dans la terre qu’elle a conquise : alors elle développe sa magnifique constitution.

Elle a ses livres où sont renfermées ses lois descendues du Ciel et écrites de la main de Dieu même. Elle a un souverain Pontife et un conseil de vieillards ou la synagogue, chargés de les expliquer ; tous ses enfants sont obligés de se soumettre à la décision de ce tribunal auguste. Elle a sa hiérarchie sacerdotale, un Grand-Prêtre revêtu du pouvoir souverain, puis des Prêtres, des Lévites et des Ministre inférieurs. Répandus dans toutes les tribus, ces Prêtres sont, comme un sel destiné à préserver tout le corps de la corruption ; comme des flambeaux qui, placés de distance en distance, doivent dissiper les ténèbres de l’erreur et de l’ignorance. Au milieu d’elle est son Dieu rendu sensible dans l’Arche d’alliance. Elle a ses sacrifices qu’elle offre exclusivement au Seigneur, pour adorer, remercier, expier et demander. Elle a chaque semaine son jour saint ; elle a ses grandes solennités, la Pâque, la Pentecôte, les Tabernacles, où tous ses enfants, dans l’allégresse, se rendent à Jérusalem pour prier et rendre grâce.

Quoique maîtresse de la Terre promise après la ruine des nations idolâtres, elle ne jouit cependant que de courts intervalles de paix et de tranquillité. Tantôt ce sont les étrangers qui l’attaquent, tantôt ce sont ses propres enfants qui lui font répandre des larmes amères par leurs scandales, ou qui lui déchirent les entrailles par leurs divisions. Enfin, un grand schisme vient la couvrir de deuil : dix tribus l’abandonnent et refusent de reconnaitre son autorité. Mais si le Seigneur l’afflige, il ne la délaisse pas : toujours attaquée, elle ne sera point détruite. De grands Prophètes lui sont envoyés pour la consoler et conserver la vérité dans son sein. Tous les événements qui se passent chez elle et autour d’elle ; les grands empires qui s’élèvent et qui périssent tour à tour, contribuent tous à son bien, à sa gloire et à l’accomplissement du grand dessein en vue duquel elle a été formée, l’établissement du règne du Christ qui doit apurer les suites du péché, réconcilier l’homme avec Dieu et rétablir l’ordre primitif dans toute sa perfection.

Tels sont les grands traits du tableau historique de l’Eglise ou de la société dépositaire de la vraie Religion avant Jésus-Christ. Or, tous ces traits nous les retrouverons brillants d’un éclat plus vif dans l’Eglise dépositaire de la vraie Religion après Jésus-Christ.

Représentée au sortir du Cénacle par les Apôtres et un petit nombre de fidèles, l’Eglise après Jésus-Christ est d’abord étrangère et voyageuse sur la terre, dont cependant la possession lui est promise et où elle doit avoir un établissement immortel. Le monde devient pour elle une nouvelle Egypte ; pendant plusieurs siècles, elle y est en butte à la persécution. Elle sort enfin triomphante des catacombes, et, sous la conduite de son divin Chef, elle monte à travers les combats et les miracles sur le trône des Césars.

Alors victorieuse du monde idolâtre, elle repose en paix dans la terre qu’elle a conquise, et développe aux regards de l’Univers sa magnifique constitution. Aux livres anciens, écrits de la main de Dieu même sur le sommet du Sinaï, elle joint un livre plus parfait écrit avec le sang du Messie au sommet du Calvaire. Ce code sacré, ses pontifes et les conciles sont chargés de l’expliquer, et ses enfants sont obligés de se soumettre aux décisions de ce tribunal auguste. Elle a sa hiérarchie sacerdotale, un Grand-Prêtre revêtu du pouvoir souverain, puis des Evêques, des Prêtres et des Ministres inférieurs. Répandus de toutes parts au milieu de ses enfants, ces Prêtres sont comme un sel destiné à préserver tout le corps de la corruption, comme ces flambeaux qui, placés de distance en distance, doivent dissiper les ténèbres de l’erreur, comme des bergers vigilants qui doivent paître les brebis et éloigner les loups du bercail.

Pape Saint Caius martyr, 245 – 296+

Au milieu d’elle est son Dieu rendu sensible dans le tabernacle. Elle a son sacrifice qu’elle offre sans cesse de l’orient à l’occident, pour adorer, remercier, expier et demander. Chaque semaine, elle a son jour saint ; elle a ses grandes solennités, Noël, Pâques, la Pentecôte et d’autres encore, où tous ses enfants, dans l’allégresse, accourent au temple pour prier et rendre grâce.

Quoique maîtresse du monde, depuis la ruine de l’idolâtrie, elle ne jouit cependant que de courts intervalles de paix et de tranquillité. Tantôt ce sont les étrangers qui l’attaquent, tantôt ce sont ses propres enfants qui lui font répandre des larmes amères par leurs scandales, ou qui lui déchirent les entrailles par leurs divisions. Enfin, un grand schisme vient la couvrir de deuil : l’Orient se sépare d’elle et refuse de reconnaître son autorité, et, comme les dix tribus schismatiques, l’orgueilleux Orient tombe sous un joug de fer. Si le Seigneur afflige l’Eglise, il ne la délaisse pas : toujours attaquée, elle ne sera point détruite. De grands Saints, de puissants génies lui sont envoyés pour la consoler et conserver la vérité dans son sein. Tous les événements qui se passent chez elle et autour d’elle, les grands empires qui s’élèvent et qui périssent tour à tour, contribuent tous à son bien, à sa gloire, et à l’accomplissement du grand dessein en vue duquel elle a été formée, la conservation et la propagation du règne du Christ qui doit réparer les suites du péché, réconcilier l’homme avec Dieu et rétablir l’ordre primitif dans toute sa perfection.

Tels sont les grands traits du tableau historique de l’Eglise ou de la société dépositaire de la vraie Religion après Jésus-Christ ; telles sont les conformités frappantes qui la font reconnaître à travers les siècles pour la gardienne immortelle et toujours la même de la Religion, depuis l’origine du monde.

Aussi, fille du Ciel, épouse bien-aimée du Christ, unissant à l’incorruptible pudeur de la vierge la courageuse tendresse de la mère, l’Eglise est venue s’asseoir ; depuis le commencement des âges, sous l’arbre antique de la Religion. Gardienne fidèle, d’une main présentant son fruit de vie aux générations qui marchent vers la mort ; de l’autre, frappant d’un glaive redoutable tous les téméraires qui ont voulu attaquer son tronc robuste ou couper quelques-uns de ses rameaux, elle a vu passer à ses pieds le torrent des siècles sans passer elle-même ; et lorsque la dernière heure du monde aura sonné, l’arbre salutaire s’élevant vers le Ciel, la Vierge immortelle s’élèvera comme lui, et, chaste épouse de Christ, accompagnée de toutes les générations vivifiées par ses soins, elle remontera, pour n’en plus descendre, sur le trône éternel de son céleste Epoux. »

Mgr Gaume, Catéchisme de persévérance, Tome 2, pp. 319-322.

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