Depuis que la femme s’est lancée sans retour dans le monde, une jeune fille, pleine de zèle, peut faire un immense bien partout : dans le milieu familial, en entraînant petits et grands par sa piété sympathique et contagieuse ; dans les centres d’enseignement, en défendant ouvertement sa foi et en la pratiquant sans réserve et avec une simplicité attirante ; dans la vie sociale, en étant le bon levain qui montre toujours le vrai chemin, qui empêche par sa seule présence les égarements, qui sert d’appui aux âmes vacillantes et qui sait même faire l’observation modeste et opportune qui rappelle à l’ordre celui qui en a besoin ; à son poste de travail, au bureau ou à l’atelier, en se montrant l’employée exemplaire qui s’impose simplement par l’exactitude de son travail et sait donner le ton au milieu ; dans la rue même, en enseignant par son habillement et son comportement ce que sont la modestie et la pudeur, qui certainement n’ont jamais été en opposition avec la simplicité authentique, la véritable grâce et les bonnes manières.

Et tout cela s’impose aujourd’hui, parce que, demain c’est d’elle, reine d’un foyer, que dépendront principalement la vie exemplaire et chrétienne de la famille et cette terrible source de responsabilité qui s’appelle l’éducation et l’avenir des enfants.

Très chères jeunes filles : il y a peu de choses plus lamentables, plus douloureuses, plus répréhensibles et même plus laides qu’une jeune fille devenue un scandale et une occasion de mal ; mais aussi, il y en a peu de plus admirables, plus réconfortantes, plus louables et même plus belles qu’une jeune fille et une femme devenues des apôtres, des occasions de bien.

Et pour que tout ce que Nous venons de vous dire soit chez vous une réalité, rappelez-vous que tout doit résulter d’un esprit sain et vigoureux, constamment alimenté par la prière, par la pratique des sacrements et par l’esprit de mortification chrétienne qu’ils vous inculquent sans cesse ; rappelez-vous que vous illuminerez dans la mesure où vous porterez en vous la lumière ; que vous communiquerez la ferveur dans la mesure où vous serez ferventes ; et que vous pourrez purifier tout votre entourage dans la mesure où vous serez chastes et pures.

Enfin, vous êtes des dirigeantes et, par conséquent, on peut et l’on doit vous demander davantage. Que cette jeunesse, qui est entre vos mains, grandisse surtout dans un souci de vie intérieure et d’efficacité apostolique.

C’est là le message que vous devez apporter à vos sœurs de toutes les organisations de jeunesse : un message d’élévation continue, qui ne connaisse point de limites, jusqu’à arriver, autant que possible, à ce très haut idéal que vos règlements posent continuellement devant vos yeux.

Comme gage de succès pour vos entreprises apostoliques et comme nouvelle manifestation de Notre gratitude paternelle, Nous vous bénissons de tout cœur, vous-mêmes, toute votre association, ainsi que toute l’Action catholique et toute la très chère Espagne.
Sa Sainteté le pape Pie XII, allocution aux jeunes filles espagnoles, 9 avril 1956.

Commentaire : Si nous illustrons cet extrait de l’allocution du Pape Pie XII aux jeunes filles espagnoles avec l’affiche de campagne du second tour de Marine Le Pen, c’est que nous avons été moins affligés de découvrir cette affiche, que de découvrir par une confidence au magazine 7 sur 7, que la décision interne d’utiliser cette affiche provocante avait été prise pour « envoyer un message à l’islam ». Cette confidence ne nous semble pas exagérée. En effet, le Front National étant conduit par une femme libérale et féministe, ainsi que par des élus et des cadres souvent homosexuels et non moins libéraux, ces derniers semblent hélas, dépourvus de toute considération morale, c’est à dire qu’ils ne sont pas chrétiens. Pour cette génération de réactionnaires libéraux, en effet, on pense pouvoir combattre l’islamisme -ce qui doit être fait- par le progressisme et le libéralisme post-révolutionnaires. Il y a une inversion de valeurs qui domine également au sein de cette nouvelle réaction populiste et que les catholiques ne devraient pas perdre de vue. Hélas, la masse électorale frontiste est devenue largement à l’image des cadres de ce mouvements : familles éclatées, modèles familiaux non-chrétiens, apostats ou paroissiens novus ordo…Nous pensons comme nous l’avons écrit, que Marine Le Pen a de bonnes chances de gagner l’élection présidentielle la semaine prochaine, en raison de la fragilité de son adversaire, bien que celui-ci soit soutenu par l’ensemble des forces d’argent et de bien-pensance. Il n’en demeure pas moins que nous regrettons amèrement que Marine Le Pen ne soit pas chrétienne et qu’elle revoie ainsi une image si lamentable d’elle-même, là où, en se convertissant au christianisme et en comprenant ainsi mieux les enjeux de ces temps, elle aurait assurément conduit une meilleure campagne.

Femme corse de la région de Zicavo, fin des années 1910.

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