«Cette révélation surnaturelle, selon la foi de l’Église universelle, est renfermée tant dans les traditions non-écrites que dans les livres qu’on appelle saints et canoniques, parce qu’écrits sous l’inspiration de l’Esprit-Saint, ils ont Dieu pour auteur et ont été livrés comme tels à l’Église (Conc. Vatican I, Sess. III, chap. 2).

«Celui qui professe l’Écriture Sainte doit aussi mériter cet éloge qu’il possède à fond toute la théologie, qu’il connaît parfaitement les commentaires des saints Pères, des Docteurs et des meilleurs interprètes. Telle est la doctrine de saint Jérôme et de saint Augustin, qui se plaint avec juste raison en ces termes : « Si toute science, quoique peu importante et facile à acquérir, demande, comme il est évident, à être enseignée par un homme docte, par un maître, quoi de plus orgueilleusement téméraire que de ne pas vouloir connaître les Livres sacrés d’après l’enseignement de leurs interprètes » (De util. cred. XVII, 35).

Tel a été aussi le sentiment des autres Pères, qu’ils ont confirmé par des exemples : « Ils expliquaient les Écritures non d’après leur propre opinion, mais d’après les écrits et l’autorité de leurs prédécesseurs, parce qu’il était évident que ceux-ci avaient reçu par succession des apôtres les règles pour l’interprétation des Livres sacrés (Rufinus, Hist. eccl. II, 9)». «Aucun désaccord réel ne peut certes exister entre la théologie et la physique, pourvu que toutes deux se maintiennent dans leurs limites, prennent garde, suivant la parole de saint Augustin, « de ne rien affirmer au hasard et de ne pas prendre l’inconnu pour le connu » (In Gen. op. imperf. IX, 30).

Si cependant elles sont en dissentiment sur un point, que doit faire le théologien ? Suivre la règle sommairement indiquée par le même docteur.

« Quant à tout ce que nos adversaires pourront nous démontrer au sujet de la nature, en s’appuyant sur de véritables preuves, prouvons-leur qu’il n’y a rien de contraire à ces faits dans nos Saintes Lettres. Mais pour ce qu’ils tireront de certains de leurs livres, et qu’ils invoqueront comme étant en contradiction avec ces Saintes Lettres, c’est-à-dire avec la foi catholique, montrons-leur qu’il s’agit d’hypothèses, ou que nous ne doutons nullement de la fausseté de ces affirmations » (De Gen. ad litt., I, 21, 41).

Pour bien nous pénétrer de la justesse de cette règle, considérons d’abord que les écrivains sacrés, ou plus exactement « l’esprit de Dieu, qui parlait par leur bouche, n’a pas voulu enseigner aux hommes ces vérités concernant la constitution intime des objets visibles, parce qu’elles ne devaient leur servir de rien pour leur salut » (St Augustin, Ibid. II, 9, 20).

«Il faut donc distinguer avec soin dans leurs explications ce qu’ils donnent comme concernant la foi ou comme lié avec elle, ce qu’ils affirment d’un commun accord. En effet, pour ce qui n’est pas de l’essence de la foi, les saints ont pu avoir des avis différents, ainsi que nous-mêmes ; telle est la doctrine de saint Thomas (In sent.II, Dist. II q. 1, r. 3).

«Telle est la croyance antique et constante de l’Église, définie solennellement par les Conciles de Florence et de Trente, confirmée enfin et plus expressément exposée dans le Concile du Vatican, qui a porté ce décret absolu : «Les livres entiers de l’Ancien et du Nouveau Testament, dans toutes leurs parties, tels qu’ils sont énumérés par le décret du même Concile de Trente, et tels qu’ils sont contenus dans l’ancienne édition vulgate en latin, doivent être regardés comme sacrés et canoniques. L’Église les tient pour sacrés et canoniques non parce que, rédigés par la seule science humaine, ils ont été ensuite approuvés par l’autorité de ladite Église ; non seulement parce qu’ils renferment la vérité sans erreur, mais parce que, écrits sous l’inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur (Conc. Vatican I, Sess. III, chap. 2)».

Léon XIII, Providentissimus Deus, Sur l’Étude des Saintes Écritures,18 nov. 1893

Publicités