Aux XIVe et XVe siècle, les femmes catholiques du Saint Empire Germanique avaient assurément porté haut le raffinement de la pudeur et de l’élégance chrétienne, après les romaines, les franques etles anglo-normandes. Si dans la haute société des cours, les extravagances des hennins auguraient des « progrès » à venir dans le grand siècle baroque, les femmes de la petite noblesse, patriciennes, bourgeoises et paysannes continuaient de porter l’antique wuimpe chrétienne occidentale. Toutefois, à la faveur des modes italiennes, la wuimpe, entre le XIVe et le XVe siècle, va changer de forme pour devenir un turban. Le steuchlein devient alors la couverture de tête partagée par les chrétiennes allemandes de toutes les classes. Et quand on voit le chemin parcouru en terme d’apostasie dans les Allemagnes, ainsi que le degré de décadence anthropologique des allemands (lequel s’est exprimé à la fois par le profond retour du paganisme au cours des deux derniers siècles, ainsi que de l’effondrement de la natalité), il nous semble plus qu’urgent d’exhorter nos sœurs d’Allemagne à la conversion et à la réappropriation des trésors de leur mémoire chrétienne.

Comme nous le savons, depuis la plus haute antiquité de l’Église, les femmes chrétiennes à Rome comme ailleurs considéraient le port du voile comme un grand honneur et un attribut de respectabilité. En particulier, il était l’attribut des femmes mariées. Dans les Allemagnes du XVe siècle, le steuchlein est arboré par l’ensemble des femmes de la société régulières : femmes de la noblesse terrienne, femmes bourgeoises et femmes de la ruralité. Ci-dessous, nous pouvons admirer (à droite) le portrait de la mère d’Albrecht Dürer le jeune, le plus grand peintre allemand du XVe-XVIe siècle. La famille Dürer était catholique bavaroise.

Portrait de Barbara Dürer, née Holper, agée de 39 ans, 1490.

L’artiste a peint ou déssiné sa mère à plusieurs époques de sa vie, ce qui permet de voir que la Barbara Dürer était une vraie chrétienne qui n’a jamais renoncé à la noblesse de son couvre-chef.

Le turban dit « allemand » ou « italien » était majoritairement porté par les femmes chrétiennes entre la fin du XIVe et le début du XVIe siècle dans le Saint Empire Germanique. Ci-après, nous pouvons observer un portrait de Frau Martha Thannstetter, née Werusin, par Bernhard Strigel datant de 1515.

Frau Martha Thannstetter, née Werusin, par Bernhard Strigel,1515, musée royal du Liechtenstein.

A partir du XVIe siècle, le turban allemand va lui aussi évoluer dans de nouvelles formes qui annoncent la pratique du bonnet, qui se rependra alors largement en France, en Belgique, etc. dans les deux siècles qui suivront, quoique le voile traditionnel lui-même ne cessera pas d’être en usage par ailleurs. On parle alors du Wulsthaube, qui garde la forme du turban, mais plus complexe que le simple voile de lin savamment noué, ce couvre-chef est généralement plus riche en ornements et broderies. Il se composait de une à quatre pièces, selon l’usage, d’un Umbinderlein (bandeau de lin), d’un Unterhauben (d’un sous-bonnet), d’un Wulst (un bonnet bombé) et du Schleier (le voile).

Sur l’image ci-dessous, on peut considérer la grande diversité des mises et les différences entre le simple Steuchlein, parfois perfectionné et le Wulsthaube, généralement plus riche en ornements.

Un autre exemple de Wulsthaube très raffiné, recouvert d’un voile de lin, typique de la fin du XVe siècle.

Détail extrait du Livre du maître de maison, 1480.

D’ailleurs, le turban était très largement partagé avec les hommes. A cette époque où une majorité de gens étaient encore chrétiens dans la société occidentale, les hommes avaient la foi, étaient virils et ne manquaient pas de panache. C’est aussi au tournant de cette époque, plutôt au début du XVIIe siècle à vrai dire, que va se jouer pour l’habit masculin un tournant sensible. La querelle des anciens et des modernes se joue aussi sur le terrain de la mode et l’habit long, la toge, la robe des anciens, laisse progressivement place aux tendances qui étaient déjà prononcées depuis le XIVe siècle.

Homme au turban rouge, Jan Van Eyck, 1433, National Gallery of London. Considéré comme un auto-portrait de l’artiste flamand.

Comme en France, les réactions populistes des deux dernières années ont surtout fourni un tableau exemplaire de l’abaissement anthropologique certain des masses, du degré extrême de confusion et de pertes de repères moraux, spirituels et civilisationnels. L’Allemagne a connu depuis la fin du XVIIIe siècle un cycle de révolutions sensiblement liés aux événements en France, bien que la diffusion du venin s’est produite différemment et avec des effets particuliers. Mais essentiellement, l’Allemagne a connu une révolution morale, spirituelle et sexuelle qui n’eut jamais pu atteindre de tels niveaux sans l’empire libéral prussien, sans la république de Weimar, sans l’état national-socialiste et sans l’état communiste d’Allemagne de l’Est. Et de même, de tels chocs historiques n’eurent pas pu passer ainsi, sans provoquer de grands dégâts dans les mœurs, les consciences, les mémoires.

La tête de file du parti populiste Alternative für Deutschland, Frauke Petry.

En Allemagne, comme en France et ailleurs, depuis les révolutions, on a eu cesse de se bricoler des passés et des mythes nationaux qui ont conduit aux idéologies génocidaires, impies et abominables que nous avons connu (République dite française, état national-socialiste, soviétisme). Aujourd’hui en Allemagne, la présence musulmane massive est peut être plus inquiétante encore qu’en France en raison de la profondeur plus abyssale encore, plus ancienne, de l’apostasie.

Christine Tasin, membre fondatrice du mouvement Riposte Laïque, figure emblématique du populisme impie et laïciste qui prévaut dans l’esprit de beaucoup de français aujourd’hui. « Christine Tasin, Renaud Camus, Béatrice Bourges, trois combats complémentaires pour défendre notre civilisation » peut-on lire dans l’un de leurs articles.

Et les réactions sont, comme nous l’enregistrons en France, légitimes, mais instinctives, primaires, émotionnelles et conduisent le plus souvent à un phénomène bizarre, qui est le rejet des principes moraux qui faisaient jadis la grandeur de l’Occident chrétien, au nom de « principes » contemporains flous, censés s’opposer à la barbarie apportée par l’immigration massive. Bien sûr, il demeure dans les Allemagnes de petits noyaux de catholiques, et c’est à ceux là que nous nous adressons en priorité. D’ailleurs, comme nous l’avons déjà souligné dans ces précédents articles, la décadence morale et spirituelle ayant commencé dans les élites des cours d’Europe, c’est dans les campagnes catholiques d’Occident que, jusqu’au début du XXe siècle, la modestie, la pudeur et la beauté de la femme chrétienne est demeurée le plus intacte. Si dessous, deux illustrations du costume usuel et dominical des jeunes chrétiennes de Styrie, fin du XIXe/début du XXe siècle.

Notez ci-dessous, dans cette danse folklorique styrienne, que ces costumes traditionnels, qui étaient encore portés quotidiennement dans les années 1890-1910, ont conservé beaucoup d’éléments issus du meilleur de la mode de la chrétienne allemande du Moyen-Age, à commencé par le voile blanc, preuve de la permanence plus profonde de l’anthropologie naturelle et chrétienne parmi les populations rurales ayant gardé la foi.

L’illustration ci-dessous, tiré du blog d’une jeune femme travaillant sur les voiles et les tenues chrétiennes de nos ancêtres, nous montre qu’il est extrêmement simple pour une jeune femme moderne de trouver une multitudes d’application d’un steuchlein élégant et pudique avec une tenue et des matières contemporaines.

Yawm Al Masihi pour Argentinat

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