Beaucoup de strasbourgeois se sont émus certainement à juste titre de la décision lâche et ridicule de la municipalité de Strasbourg de faire retirer pour la deuxième année consécutive l’arche-enseigne « Christkindelsmarik » place Broglie. Toutefois, nous remarquons que pour beaucoup de ces personnes, il ne s’agit encore là que d’une bête réaction instinctive qui porte essentiellement sur la question linguistique, et non pas sûr la présence du nom du Christ sur la place Broglie. Hypocrisie et orgueil, donc, là où il faudrait plutôt tirer les conséquences de l’apostasie des alsaciens, spécialement dans la nouvelle opinion populiste et autonomiste.

En effet, depuis cinq ans, c’est-à-dire depuis les débats sur la question du statut territorial de la région ont été provoqués par les opérateurs du régime républicain, une certaine opinion alsacienne s’est éveillée, agitée par une infinité de mouvements, groupuscules et initiatives citoyennes aussi bigarrées qu’incohérentes, influencées ici par le pangermanisme, ici par la nouvelle droite, là par le Zentrum ringard, là encore par le national-républicanisme bonapartiste et toutes, essentiellement populistes et donc libérales. Cette réaction a permis à différents groupes politiques de tenter d’émerger, comme le parti de centre-gauche autonomiste « Unser Land ». Globalement, l’ensemble de cette réaction autonomiste est restée ce qu’elle a toujours été : une réaction libérale, démocratique, populiste, plébéienne, sans cohérence, sans esprit d’union, sans doctrine et surtout, absolument pas chrétienne.

C’est pourquoi nous ne nous joindrons pas aux complaintes pénibles de ces inconséquents, dès lors qu’un mot d’allemand est menacé ici ou là. Car, comme en atteste le témoignage d’Andrée Munchenbach, militante autonomiste bien connue des alsaciens et des schilickois en particulier, ce qui provoque chez ces gens une réaction, c’est encore une pure question d’orgueil, « parce qu’on s’attaque encore à l’Alsace ». Et Christ ? Est-ce qu’il compte dans l’esprit de Madame Munchenbach ? On en doute. Et ces gens ne comprennent toujours pas pourquoi leur combat politique est vain, et va, depuis un siècle, d’échecs pitoyables en échecs lamentables.

A vrai dire, nous ne savons, en tant que catholiques, s’il n’est pas finalement une juste mécanique, que ce marché de Noel, crée au XVIe siècle par le gouvernement révolutionnaire protestant de la ville de Strasbourg, soit aujourd’hui vainement défendu par leurs héritiers inconséquents qui ont tous apostasié. Les élites de la ville de Strasbourg, ainsi que leurs électeurs, sont pour la plupart d’indécrottables athées. Mais ce que Madame Munchenbach ne comprend pas non plus, peut-être en raison de l’indifférentisme religieux qui prévaut aujourd’hui chez la plupart des alsaciens, c’est que le marché de Noel instauré au XVIe par les hérétiques protestants porte le nom d’une fausse fête « chrétienne » inventée de toutes pièces par l’ivrogne Luther :

« …il s’agirait d’un personnage créé par Luther au xvie siècle pour concurrencer la Saint-Nicolas refusée par le protestantisme. L’Église luthérienne a mis en place au XVIe siècle le « Christkindel » pour supplanter saint Nicolas fêté par les catholiques le 6 décembre. C’est ainsi qu’à Strasbourg le marché de saint Nicolas devint le Chrischkindelmärik. Quoi qu’il en soit, le « Christkindel » est intégré à la tradition alsacienne, et comme le note la baronne d’Oberkirch dans ses mémoires en 1775 : « le Christkindel paraît toujours et les cadeaux aussi. » – Bruce David Forbes, Christmas: a candid history, University of California Press, 2007, pp. 68-79.

Andrée Munchenbach, qui n’est pas chrétienne, en est réduite au blabla habituel des « rhéteurs » de l’autonomisme. Pourquoi l’esprit de Noel devrait-il spécialement apparaître dans un marché créé par la bourgeoisie protestante ? Qu’a-t-elle à dire contre les « pères noel » qui se trouvent sur ces marchés ? Bref, nous ne reprochons pas tant à Madame Munchenbach ses réactions contre le jacobinisme que nous savons de bonne foi, nous lui reprochons à elle, ainsi qu’à ses acolytes de l’autonomisme politique, de ne pas être catholiques ou du moins, de ne pas avoir l’intelligence empirique de considérer la place centrale que Dieu doit avoir au sein d’une société juste et ordonnée.

Car, quoiqu’il en soit, la question spirituelle, sociale et politique est préoccupante en Alsace, surtout dans cette nouvelle opinion politique, née à la faveur de cette poussée autonomiste et régionalistes des dernières années, car l’indifférentisme religieux, le relativisme, voire l’ignorance et surtout le paganisme, règnent à plein dans ces milieux où aucune structure solide (heureusement peut-être) n’existe ou n’est capable de structurer quoi que ce soit, à commencer sur le plan des idées. Rien ne pourrait actuellement sauver le gouvernement de Strasbourg, sauf à en expulser les « élites » et à y placer un conseil non démocratique de moines et de clercs catholiques.

Nous ne sommes pas contre le marché de Noel, car il permet à la ville de Strasbourg de prospérer et d’attirer le monde entier. En revanche, en effet, si le Christ Lui-même n’est pas, au final, l’objet de toute cette attraction, c’est une oeuvre entièrement nulle et vaine. Nous souhaitons simplement que les alsaciens, qui sont doués de pragmatisme, hélas aujourd’hui jusqu’à l’excès, commencent à se convertir à la sainte Eglise catholique, hors de laquelle il ne trouveront aucune solution terrestre (politique, sociale, nationale, etc.), et encore moins céleste.

~ Argentinat ~

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