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Il faut savoir que dans l’Ancien Testament, toutes les fois qu’il est fait mention d’une personne importante, sont énoncés son père et sa mère, l’époque de sa naissance et de sa mort […]. Or ici c’est d’une manière subite qu’est introduit Melchisédech, sans que soit du tout fait mention de sa génération et de tout ce qui la concernerait. Et cela, certes, d’une manière tout à fait justifiée. En effet, quand il est dit sans père, est signifiée la naissance du Christ d’une vierge, donc sans père, comme il est dit en Matthieu : Ce qui est né en elle vient de l’Esprit saint. Or ce qui est propre à Dieu ne doit pas être attribué à une créature. Il appartient seulement à Dieu le Père d’être le père du Christ. Donc, dans la naissance de celui [Melchésédech] qui préfigurait le Christ, il ne devait pas y avoir de mention d’un père charnel.
Abraham et Melchisédech, mosaïque du XIIIe siècle, Basilique San Marco.

Abraham et Melchisédech, mosaïque du XIIIe siècle, Basilique San Marco.

De plus, le texte dit sans mère, pour ce qui est de la génération éternelle. Et ne comprends pas cela comme une génération matérielle, comme quand une mère donne la matière à l’enfant qu’elle engendre ; mais c’est une génération spirituelle, comme celle qui fait naître la splendeur du soleil […]. En outre, quand un engendrement est fait par un père et une mère, tout ne provient pas du père : la matière est fournie par la mère. C’est donc pour écarter toute imperfection du Christ et pour indiquer que tout ce qu’il a vient du Père, qu’il n’est pas fait mention de la mère : d’où le vers :  » Dieu est sans mère, sa chair est sans père « . Ainsi le Psaume : Dès le sein, avant l’aurore, je t’ai engendré, c’est-à-dire moi seul. Sans généalogie : sa généalogie n’est pas indiquée dans l’Écriture pour deux raisons : l’une, pour indiquer que sa génération est ineffable, Isaïe : Sa génération, qui la racontera ?; l’autre pour indiquer que le Christ, introduit comme prêtre, n’appartient pas à la famille des lévites ni à la généalogie de la vieille Loi.

Saint Thomas d’AquinCommentaire de He 7,3.

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