STRASBOURG – Evènement passé inaperçu la semaine dernière : le mardi 7 octobre 2016, un puissant éclair a frappé le sommet du dôme de la Basilique de Saint Pierre, le jour même de la fête de Notre Dame du Rosaire (connue aussi comme Notre-Dame des Victoires).

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La journaliste Diane Montagna, de l’édition anglophone d’Aleiteia rapporte depuis le Vatican que l’éclair a frappé Saint-Pierre à 9 heures et 20 minutes, précisément, sans faire de dégâts matériels. Tout le voisinage a ressenti la puissance de ce coup de tonnerre. La journaliste rapporte deux témoignages de riverains, un patron de café situé à proximité :

« Tout s’est mis à trembler. Je pus le sentir dans mes tripes. C’était comme si l’air avait été suspendu l’espace d’un instant. »

Un résident voisin quant à lui :

« J’étais sous la douche et j’ai entendu ce qui m’a semblé être un bruyant coup de tonnerre qui dura quelques instants et semblait tout secouer. Je savais qu’il y avait un vent fort au dehors, mais cela fit plutôt le bruit d’un tremblement de terre que d’un orage. »

Comme nous et comme le blog Christ-Roi qui est le seul pour l’instant à avoir rapporté ce fait en France, ce coup d’éclair sur Saint-Pierre est évidemment à rapprocher avec celui qui frappa la même basilique Saint-Pierre, le 11 février 2013, en la fête de Notre Dame de Lourdes, quelques heures après la « résignation » de Benoit XVI. Aussi, nous nous trouvons en Octobre 2016, soit cent ans après la troisième apparition de l’ange aux petits bergers de Fatima, qui leur avait notamment confié cette prière :

  Très Sainte Trinité, Père, Fils et Saint-Esprit, je vous adore profondément, et je vous offre le très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus-Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels Il est lui-même offensé. Par les mérites infinis de son très Saint Cœur et du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pécheurs[1]

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La fête de Notre Dame du Rosaire, était appelée Fête de Notre Dame des Victoires, car le pape Saint Pie V l’avait instituée en honneur et remerciement à la Très Sainte Vierge à la suite de la victoire des armées chrétiennes contre les ottomans à Lépante, le 7 octobre 1571. Saint Pie V avait ordonné à toutes les églises de Rome, à tous les fidèles, de prier l’intercession de la Sainte Vierge par la récitation du Saint Rosaire. Le pape Grégoire XIII en changea simplement le nom par la suite.

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Il est intéressant aussi de savoir que le pape Saint Pie V fut celui qui mit fin à la période difficile que traversa l’Eglise au XVIe siècle, prise entre l’hérésie protestante, les guerres de religions et la menace de l’islam turc en Europe centrale. Entre autres œuvres qui ont préparé l’Eglise aux douloureuses épreuves que nous vivons aujourd’hui encore, il est le pape qui entendit à toute l’Eglise et jusqu’à maintenant le rite tridentin (bulle Quo Primum, 1570), ou encore, qui fit rédiger le Catéchisme romain issu du Concile de Trente, un bréviaire et un missel latin, qui feront autorité jusqu’aux prétendues réformes liturgiques de Vatican II en 1965. Surtout, il fut à la fois le pape qui mit fin à la période des papes jouisseurs (Alexandre VI, le plus connu. Aucun de ces papes n’enseigna toutefois la moindre hérésie publique) et qui engagea la monarchie pontificale vers l’impeccabilité qu’ont connu presque tous ses successeurs, jusqu’à Pie XII. Mais surtout, Pie V, dans la droite ligne du sage pape Paul IV, qui l’avait tôt pris sous son aile, fut un pape extrêmement dynamique contre l’hérésie protestante. Il n’hésita pas, par exemple, à excommunier la reine d’Angleterre.

Or, justement, le 31 octobre prochain, jour de la Toussaint, François se rendra auprès des communautés luthériennes en Suède pour participer aux 500 ans de la révolution protestante. Rappellons que Jorge Bergoglio avait déclaré le 26 juin dernier, lors d’un voyage officiel en Arménie :

Je crois que les intentions de Martin Luther n’étaient pas erronées. Il était un réformateur… Mais à cette époque-là… l’Église n’était pas un modèle à imiter. Il y avait de la corruption dans l’Église. Il y avait de la mondanité. Il y avait un attachement à l’argent, au pouvoir. Face à cela, il a protesté. Il était intelligent. Il a fait un pas en avant en justifiant son acte.Aujourd’hui, les luthériens, les catholiques et tous les protestants, nous sommes d’accord sur la doctrine de la justification. Sur ce point si important, il ne s’était pas trompé. Il a préparé un médicament pour l’Église. Ce médicament s’est consolidé dans un tas de choses, en une discipline, en une façon de croire et de faire, en liturgie.

Or, l’erreur de la doctrine de la justification de Luther est précisément l’une des hérésies sur lesquelles ont le plus insisté les papes et les pères du Concile de Trente. Les condamnations des erreurs du protestantisme par le Concile de Trente sont abondantes et rivalisent toutes d’excellence et de supériorité, mais pour n’en citer que deux, voici :

Pape Paul III, Concile de Trente: 

Se. 6, ca. 1 : « Si quelqu’un dit que l’homme peut être justifié devant Dieu par ses œuvres — que celles-ci soient accomplies par les forces de la nature humaine ou par l’enseignement de la loi — sans la grâce divine venant par Jésus Christ : qu’il soit anathème. »

Se. 6, ca. 4 : « Si quelqu’un dit que le libre arbitre de l’homme, mû et poussé par Dieu, ne coopère en rien quand il acquiesce à Dieu, qui le pousse et l’appelle à se disposer et préparer à obtenir la grâce de la justification, et qu’il ne peut refuser d’acquiescer, s’il le veut, mais que tel un être inanimé il ne fait absolument rien et se comporte purement passivement : qu’il soit anathème »

Pour être complets et justes par rapport à François, il n’est naturellement pas précurseur en ce domaine, dans l’église du novus ordo. Rappelons ici, en une citation, quelques termes de l’accord Vatican-Fédération Luthérienne Mondiale sur la justification du 31 octobre 1999 [2] :

 13. UN CONSENSUS À LA LUMIÈRE DUQUEL LES CONDAMNATIONS DOCTRINALES CORRESPONDANTES DU XVIe SIÈCLE [le concile de Trente] NE CONCERNENT PLUS AUJOURD’HUI LE PARTENAIRE.

Une politique menée avec zèle par Jean-Paul II et Benoit XVI en leur temps, ce dernier avait déclaré à propos de ce fameux accord sur la justification [3] :

J’ai été encouragé par l’initiative qui pourrait conduire les Églises membres du Conseil méthodiste mondial à adhérer à la Déclaration commune sur la Doctrine de la Justification, signée par l’Église catholique et la Fédération luthérienne mondiale en 1999.

~ Argentinat ~

[1] Extraits de Francisco et Jacinta, si petits et si grands  !, p. 53-73.

[2] Site du Vatican, La Curie romaine, Conseils « pontificaux », Promotion de l’Unité des Chrétiens, Fédération Luthérienne Mondiale, Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification entre l’ « Église catholique » et la Fédération luthérienne mondiale, 31 oct. 1999, vers. français, n° 13.

[3] Benoît XVI, Discours, Aux membres de la délégation du Conseil Méthodiste Mondial, 9 déc. 2005, vers. français, § 4.

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