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A l’occasion de sa tournée diplomatique africaine, le premier ministre de l’entité sioniste Benyamin Netanyahu s’est rendu cette semaine à Nairobi au Kenya où il a rencontré, selon le site protestant anglo-saxon « Christian Headlines », une délégation de « chrétiens sionistes » kenyans auxquels il a déclaré « Nous n’avons pas de meilleurs amis dans le monde. Aucun ! Nous apprécions cette amitié et nous voulons l’étendre à l’ensemble du continent africain[1] ».

Une tournée diplomatique africaine qui s’est également prolongée au Rwanda[2], où Netanyahu a finement mis en exergue le lien qui unissait, à travers l’expérience génocidaire[3], le Rwanda et l’état sioniste : «  Mon peuple connaît également la douleur d’un génocide. C’est un lien unique, et ce, même si c’est un lien qu’aucun de nos peuples ne souhaite avoir. »

Cette opération diplomatique ne surprend pas le connaisseur de l’Afrique. On sait naturellement que dans le monde anglo-saxon, notamment en Amérique, les nombreuses sectes « évangélistes » modernes affichent un sionisme militant qui s’est parfois transmis jusque chez certaines tendances fâcheuses du catholicisme, y compris dans certains milieux « traditionnels » de tendance libérale-conservatrice. Mais pour comprendre les stratégies diplomatiques sionistes en Afrique, il faudrait commencer par ne pas oublier que les premiers projets d’implantation du « foyer national juif » concernaient l’Afrique, en particulier l’Ouganda, où le 26 août 1903, le 6eme congrès sioniste de Bâle proposa le plan britannique d’établissement temporaire en Ouganda des Juifs en situation de danger immédiat dans l’Empire russe. Ces liens anciens déterminent encore pour beaucoup les relations particulièrement étroites et méconnues de la diplomatie sioniste avec des états est-africains tels que l’Ouganda, le Rwanda ou le Kenya.

Diplomatie du sionisme en Afrique au XXIe siècle

Le sionisme militant exerce depuis longtemps une diplomatie particulière à l’attention des états africains économiquement et géopolitiquement stratégiques, conforté en cela par la présence ancienne de grandes fortunes juives, par ailleurs discrètes, dans l’Afrique subsaharienne[4]. Par exemple, le régime de l’ex-président Laurent Gbagbo, qui a pu être parfois considéré –à tort- par les patriotes africains et européens comme un pôle de résistance à un impérialisme atlantiste bien réel mais sur lequel il y a eut méprise, entretenait des relations très intenses avec l’entité sioniste, notamment sur des questions d’armement. En 2008, dans une entrevue avec le journaliste Marc Perelman du magazine sioniste new-yorkais Foward, Laurent Gbagbo fait l’objet d’une présentation élogieuse : « Au plus fort de son contentieux avec la France [de la IIe présidence chiraquienne, nda], Gbagbo put compter sur les services de protection et de renseignement israéliens. […] Gbagbo, qui fut élu fin 2001, est un chrétien et il a utilisé sa foi évangélique et son soutien indéfectible à Israel dans son duel avec la France. » Le médiat sioniste JSS News avait rapporté et traduit de l’anglais cette entrevue en se gargarisant de façon cocardière du sionisme de Gbagbo[5] : « Bien que j’aie été son adversaire pendant de nombreuses années, j’ai sur cette question suivi les traces de Félix Houphouët-Boigny [le premier président du pays après l’indépendance vis à vis de la France]. Il avait de bonnes relations avec Israël pendant toutes ces années. Je suis allé en Israël pour une semaine en 1992, lorsque Rabin était au pouvoir, à l’invitation du Parti Travailliste. Grâce à l’Internationale Socialiste [une confédération des partis sociaux-démocrates et travaillistes], j’ai eu le privilège de rencontrer Shimon Peres, un homme exceptionnel. Au départ, je ne m’y connaissais pas beaucoup sur les questions sous-jacentes du conflit israélo-palestinien. Mais nous avons été chanceux parce que lors de nos réunions, Peres venait toujours avec Yasser Arafat et ils parlaient l’un après l’autre. Il n’y avait donc pas de favoritisme et nous ne pouvions pas être accusé d’être manipulé par l’un ou l’autre. Je suis devenu très ami avec Peres. Arafat, pour sa part, tenait de deux discours parallèles et cela s’est avéré être pathétique pour lui et sa cause. Je reste proche de Peres. Il m’a invité pour son 80e anniversaire, je ne pouvais pas aller, mais j’ai envoyé ma femme. Donc nous avons une bonne relation, qui est renforcée par un ambassadeur d’Israël qui est un homme de bonne volonté. Cependant, je pense que nous n’exploitons pas tout le potentiel que nous avons, en partie en raison des troubles civils que nous avons eu ces dernières années. Mais avec la montée en flèche des prix des matières premières, nous demandons à Israël de nous aider avec la production agricole. »

Un détail qui compte pour beaucoup dans l’affaire bizarre du bombardement de la base militaire française de Bouaké, le simple fait que le gouvernement de Côte d’Ivoire ait eut à recourir à des pilotes biélorusses et, a-t-on dit, israélo-ukrainiens, démontre assez bien l’indigence de ces états. Laurent Gbagbo, ainsi que sa femme Simone, étaient alors connus pour être adeptes d’un évangélisme particulièrement virulent et gesticulant, préfigurant là la « mode » des pasteurs millionnaires et des grands shows évangéliques qui émergent en Afrique dans les années 2000 sur fond d’une croissance économique relativement anarchique et débridée. L’influence de la diplomatie sioniste à l’encontre des états africains n’est pas une chose difficile, malgré la résistance assez molle des ultimes réseaux politiques de la françafrique parisienne vieillissante. Nous sommes alors au début de la fin du règne de la garde chiraquienne. Contrairement à ce que pensent de nombreux africains et afro-européens, le système de domination postcoloniale, que l’on nommait « Françafrique » depuis les années 1960 dans l’Afrique francophone, est mort de fait au cours des années 2000 avec l’effondrement des systèmes étatiques et des dictatures placides de ces normaliens et énarques de grande envergure qui constituaient l’appareil essentiel du système françafricain. Mortes en même temps, à vrai dire, que les dernières expressions d’une volonté (à défaut d’une capacité réelle) de souverainisme chez les dirigeants de la Ve république, quand bien même il s’agissait là de la souveraineté d’un régime d’aigrefins. A tel point que les esprits les plus clairvoyants, dès le début des années 2000, se sont posés la question de savoir si le milieu atlantiste américain ne s’était pas décidé à évincer définitivement la faible omnipotence des derniers appareils politiques franco-africains issus de la guerre froide, de la décolonisation et de la IIIe république pour les éléments les plus antédiluviens. Hypothèse plausible, mais qui passerait presque pour être non fondamentale, tant le problème évident de la constitution ethnique et électorale de ces états factices issus de la colonisation libérale européenne du XXe siècle aura éclaté au grand jour et à la face des idéologues et des hypocrites africains et européens. Si les états africains ont adopté en concert une posture diplomatique relativement antisioniste en 1973 en rompant en apparence toutes relations consulaires avec l’entité sioniste, c’est en réalité le début d’une intense pénétration des réseaux israéliens liés au renseignement, à l’armement, à l’instruction et la protection militaire dans les systèmes gouvernementaux des potentats maçonniques africains. Une enquête osée et bien renseignée de Jeune Afrique[6] nous apprend qu’à partir des années 1973 et sans doute déjà avant, « Le Mossad décide de se substituer aux diplomates en servant d’interlocuteur auprès des dirigeants africains et des mouvements d’opposition. Isolé sur la scène internationale, Israël cherche avant tout à bénéficier d’appuis au sein de l’ONU. « C’est à ce moment-là que les hommes d’affaires et les marchands d’armes israéliens ont fait irruption en Afrique », raconte l’ancienne députée Naomi Hazan. Au Liberia, au Zaïre, au Togo ou encore au Cameroun, des centaines d’instructeurs israéliens commencent à assurer la formation de gardes présidentielles et d’unités d’élite. »

Une influence construite aux dépends du vieux système françafricain.

C’est donc sur les ruines du vieux système post-colonial, notamment dans l’Afrique francophone, que se forment depuis lors un certain nombre de partenariats de gouvernements africains avec l’entité sioniste. Il en va autrement du système anglais qui était dès l’origine fondé sur une certaine franchise quant à ses intentions de pillage économique, ce qui permet aujourd’hui encore à de grandes fortunes et industries anglo-saxonnes de prospérer en Afrique. C’est-à-dire que le système français ou plus exactement républicain, en raison de l’idéologie hypocrite de l’humanitarisme colonial, et en transmettant aux anciennes colonies le formatage jacobin le plus grotesque, devait préparer la perte de son influence politique dès les années 1990 et même économique, dès le début des années 2000. C’est en cela que les masses ouest-africaines, y compris celles immigrées en Europe, n’entendirent absolument rien aux raisons de la crise ivoirienne et aux autres crises qui secouèrent le Libéria, la Guinée ou même le Mali plus récemment. Laurent Gbagbo, à son corps défendant, ne fut que le fusible regrettable d’un scénario bien supérieur. Et ses accointances, voire ses velléités parfois éconduites de partenariats américano-sionistes ont perduré avec son successeur A. D. Ouattara, lequel était porté par des réseaux bien plus sûrs et puissants. Lequel, par son mariage, est liée à Dominique Ouattara, née à Constantine dans la famille juive Nouvian, femme d’affaires surdiplomée comme son mari, emblématique et mystérieuse vamp africaine à la beauté imperméable et dont on a pu dire qu’elle eut une jeunesse de passionaria dans le nid d’espions abidjanais pour le compte de la CIA dans les années 1970 avant de rencontrer le jeune et fringuant Alassane Ouattara, promis à une carrière elle aussi emblématique au sein des grandes institutions économiques mondialistes. Issu d’une grande famille de la noblesse malinké, implantée de longue date dans la ville médiévale de Kong dans le Nord ivoirien et le sud Malien jadis rattachés à l’empire éponyme, Alassane Dramane Ouattara possède une conscience de classe et une intelligence sociale qui en fait le dauphin naturel d’un Houphouet Boigny, issu d’une lignée de princes akans et l’antithèse d’un Laurent Gbagbo, populaire historien brouillon, lié au milieu socialiste maçonnique parisien, issu de la bruyante masse « bété », ethnie appartenant en réalité au peuple Magwé, dont les populations ont été séparées en deux par la frontière artificielle crée par les administrations coloniales anglaises et françaises au XIXe siècle. La faiblesse de ces états africains réside là : dans l’incohérence et l’anachronisme de la constitution de leurs états issus des administrations coloniales, ainsi que dans le traumatisme mémoriel dans lequel les régimes issus des « indépendances » ont plongé leurs populations.

De l’évolution contemporaine des sectes protestantes en Afrique du Nord et subsaharienne

Cela est d’ailleurs un marqueur assez alarmant des dégâts causés par les nombreuses dérives du protestantisme en Afrique depuis une vingtaine d’années, avec d’innombrables cas de pasteurs gourous et superstars, à la vie luxueuse, débauchée et matérialiste. Plus spécialement, c’est l’influence du millénarisme et des autres conceptions issues des dérivés du calvinisme et du puritanisme qui ont libéré les passions de certaines sociétés africaines qui n’ont pas connu de catholicisation ou d’islamisation. Avec l’accélération sensible, quoique désordonnée de la croissance économique dans de nombreux pays d’Afrique francophone dont les sociétés se sont moins stabilisées par le progrès d’une paix sociale générée d’elle-même que du désir de ces populations d’accéder aux promesses du monde global, d’être connecté au techno-monde et à la turbocroissance. Un empire du désir qui conduit de nombreuses personnes à se perdre dans les innombrables « paroisses » évangéliques qui ont fleuri et continuent de fleurir d’Abidjan à Kinshassa et où règnent bien souvent des cultes principalement tournés vers l’argent, les richesses et autres prétextes oisifs et torpeurs liés aux névroses psychosociales typiques de nos hypersociétés modernes. Malgré la parfaite anarchie doctrinale qui prévaut parmi ces paroisses dont on ne compte pas le nombre et dont beaucoup sont de purs montages d’escrocs doués de talents oratoires et vestimentaires, on distingue nettement l’influence des tendances pentecôtistes, baptistes, charismatiques et les nombreuses autres formes issues du monde protestant nord-américain, notamment dans ses formulations spectaculaires, célèbres dans les années 1990 et 2000. Le prophétisme, le culte de l’élection, l’invention d’origines mythiques, la prédestination accompagnent souvent le discours de ces pasteurs-gourous et c’est encore sans compter le substrat païen animiste des sociétés africaines, en plus d’hérésies plus modernes telles que les dérivatifs du rastafarisme ou du « african zionism », sorte de syncrétisme de paganisme austroafricain et de christianisme biblique, toutes sortes d’influences qui ajoutent, curieusement et de façon assez chaotique, à la crédulité de ces masses dans les discours politiques ou à prétentions prophétiques favorables à l’entité sioniste.

On peut également s’inquiéter, pour toutes ces raisons, des progrès observés depuis maintenant le milieu des années 1990 par les sectes évangéliques parmi les populations kabyles d’Algérie. Stratégie de subversion à peine dissimulée de la part des services américains et qui pourrait servir demain à des stratégies de déstabilisation agressive de l’Algérie et par là, de tout l’espace méditerranéen, européen et africain. C’est pourquoi d’ailleurs, nous ne souhaitons pas nous réjouir de façon naïve de la prétendue évangélisation massive qui aurait lieu depuis une vingtaine d’années non seulement en Algérie, mais aussi au Maroc. De façon stupide et imprudente, certains catholiques se gaussent de ce mouvement. En réalité, cette prétendue évangélisation est le fait essentiel d’organisations pentecôtistes, baptistes ou adventistes qui semblent d’ailleurs curieusement se concentrer sur l’évangélisation quasi-exclusive des populations berbères de l’est algérien. La précipitation d’une pseudo-révolution populaire en Algérie ne saurait toutefois être causée qu’en cas, improbable, de rébellion politique de la part de la France ou d’une imprudence d’intrigant. Elle demeure une réalité dans la mesure de la quasi-absence de marge de manœuvre d’une République française presque démunie de toute souveraineté. En outre, l’utilisation d’éléments kabyles chrétiens évangéliques dans ce contexte par des forces étrangères agissantes contribuerait à ternir l’image des chrétiens, à donner le sentiment aux algériens qu’il s’agit là d’un complot de « croisés » et surtout, de compromettre encore pour plusieurs années supplémentaires, le retour de l’Algérie dans l’Eglise, dont elle nous a fourni quelques-uns de ses Pères, mission qui fut pathétiquement manquée par une France post-révolutionnaire malhonnête et conduite par un gouvernement impie, chose que par ailleurs, bien de nos compatriotes catholiques français ont encore beaucoup de peine à comprendre. Sur ce sujet, qui est capital pour l’avenir de la France et de l’Afrique, il faut recommander la lecture très instructive d’une enquête[7] de D.Benchennouf sur ce phénomène dont on apprend de façon intéressant que « La propagande dite évangélique s’est faite jour en Algérie en même temps que le mouvement salafiste. Timidement, au début des années 70. Mais de façon très marginale, avec une discrétion qui confinait à la clandestinité. Les principaux vecteurs en étaient quelques étudiants sub-sahariens, de l’église méthodiste, qui activaient sans succès notable dans les universités en y distribuant, sous le manteau, une documentation en langue française. Des conversions ont pu être effectuées en Kabylie, principalement dans les Ouahdias, par des pasteurs suisses et français, entre autres, qui étaient reçus chez l’habitant et qui en profitaient pour palier à l’  » absence  » d’une église catholique jugée trop réservée. Ces missionnaires qui avaient récolté des adresses en Kabylie, au Sahara, dans l’ouest et dans le Constantinois, celles de personnes qu’ils avaient pu approcher sans les convertir, mirent en place des contacts assidus par correspondance, dits  » groupes de prière « . C’est de là que se forma le premier noyau de missionnaires du cru. Le principal credo des nouveaux convertis consistait à  » ramener le plus grand nombre de brebis dans le giron du seigneur. « , à les investir de la même mission et ainsi de suite. Pour ce faire, ces missionnaires recevaient une littérature considérable, des bibles traduites en arabe, puis progressivement, dans les années 90, en berbère. Leur principal argument, dont ils avaient eux même tiré profit, consistait à promettre à ceux qui voulaient bien se faire baptiser, la possibilité d’obtenir un titre de séjour en Europe, au Canada, en Australie et aux USA, ainsi qu’un travail et un logement. »

Et Benchenouff de nous renseigner sur l’évolution de cette catégorie singulière d’algériens : « Des martyrs de la foi chrétienne feraient bien l’affaire de ces évangéliques de pays arabes qui voudraient bien convaincre l’occident chrétien qu’ils sont une minorité persécutée, ainsi que tentent de le faire accroire des groupuscules évangéliques algériens installés au Canada. De nombreux sites, qui activent dans ces créneaux de la haine, sont financés par des milieux sionistes particulièrement actifs et par des organismes américains en relation avec le Congrès américain, la CIA et le puissant mouvement des sionistes chrétiens. L’église catholique d’Algérie, présente dans le pays depuis les premiers siècles du christianisme n’avait jamais usé de tels procédés pour  » ramener  » les musulmans dans le giron de l’église.(3) Bien au contraire, puisque dans son désir de cohabiter pacifiquement avec les musulmans, elle s’est toujours montrée très circonspecte à l’égard de ceux qui souhaitaient se convertir au christianisme, en essayant même de les en dissuader si elle avait la conviction qu’ils le faisaient par calcul, particulièrement pour s’installer dans les pays européens. Ce qui est devenu malheureusement le rêve de presque tous les jeunes algériens. Et même des moins jeunes. »

Ethologie et psychologie du sionisme « chrétien »

En Europe, le monde littéraire et des idées politiques a appris la mort du romancier et essayiste Maurice Dantec. Il était connu du grand public pour ses romans de science-fiction, mais aussi dans les milieux de la droite nationale, patriote, laïque et identitaire pour ses propos contre l’islam. Dans les milieux de la droite conservatrice, réactionnaire et vaguement catholique, il était positivement perçu pour avoir déclaré un jour ne pas être républicain et honnir l’œuvre de la république. En réalité, Maurice Dantec était un personnage bien plus complexe et sa vision du christianisme, auquel cet ancien libertaire gauchiste et punk était revenu, du moins philosophiquement, était pour le moins non orthodoxe. Fasciné par l’Amérique et marqué par l’angoisse identitaire du « mâle blanc européen » post-moderne, libertaire à prétentions conservatrices, le brillant romancier demeurait un faible esprit politique qui porta une admiration presque grotesque pour l’Organisation du Traité Atlantique Nord, mais aussi et cela est connu, une dévotion sans cesse renouvelée pour le sionisme, suivant en cela les nombreux décadentistes français, de tendance impuissante ou pédéraste, à percevoir dans l’énergie du sionisme militant et militaire une continuité inconsciente de l’attraction puissante qu’exercèrent les « cultes vivants » du national-socialisme dans la gauche néosocialiste française des années 1930-40.

La communication politique de l’entité sioniste à l’attention des milieux évangéliques – et même parfois catholiques de tendance libéraux-conservateurs– est savamment entretenue par le premier ministre Benyamin Netanyahu. En 2011, au Centre des Conventions de Washington (USA), Netanyahu se produisit devant plus de 5000 américains chrétiens évangélistes à qui il déclara dans son style un peu pataud de brigadier : « Nos ennemis pensent que nous sommes vous, et que vous êtes nous. Et ils ont absolument raison ! » [8] Evènement intéressant car illustratif du phénomène et où l’on a pu entendre une vedette de télévision américaine, Glenn Beck, produire ce fameux rapprochement qui flatte tant l’égo matérialiste de l’anthropologie « blanche » nord-américaine : cette communauté de destin spirituelle entre chrétiens millénaristes issus des sectes anglo-saxonnes et de la société postrévolutionnaire étasunienne et l’élite anthropo-eschatologique que représente le sioniste de vraie race juive. Une posture millénariste qui se retrouve dans la haute gentry coloniale anglaise du XIXe siècle, spécialement celle qui s’affairait en Afrique Australe. Pierre Hillard nous en a rapporté des études souveraines à ce propos. Polémiste-star, sorte de Rioufol anglo-américain, Glenn Beck se définit comme « libertarien et conservateur », ce qui correspond assez à la nature contradictoire des sionistes non-juifs dans le monde occidental.

Contradictions qui seraient trop longues à classer ici, mais dont la réalité du monde sioniste lui-même témoigne de l’ampleur. Le sionisme, idéologie à la fois politique, philosophique et théologique –les contradictions les plus graves sont portées dans ce triptyque d’une doctrine inspirée du diable- est fondamentalement opposée à la Religion, ayant rejeté le message du Messie, cause de la déchéance de leur Election dont ils se pensent encore investis. Et néanmoins, on comprend bien, en tant que chrétiens, et avec pitié, les sentiments conquérants des sionistes et ceux, décadents, de leurs suiveurs « évangéliques ».

Le rempart des vrais chrétiens

Cela étant dit, il faut relativiser l’influence du sionisme dans les milieux évangéliques africains et nord-américains. En effet, cette vision-là est peut-être trop souvent exagérée, peut-être à dessein, selon les besoins de la propagande : ne nous parle-t-on pas encore d’une prétendue Américaine « puritaine » alors que ce pays est la capitale de tous les vices ? De la même façon, la vision d’une Amérique « chrétienne » a largement servi aux mandats des derniers présidents américains dans leur politique d’agression militaire en Orient et en Afrique, causant par là un très grand tort aux chrétiens orientaux, car le monde islamiste et le monde impie d’Occident partage en cela cette vision parfaitement ridicule d’une Amérique et d’une Europe agissant en « croisés » dans leur géopolitique moyen-orientale. En Amérique, plusieurs communautés protestantes plus sérieuses, dont le message chrétien est animé de foi sincère et agréable, sont parmi les plus efficaces critiques de l’infamie que représente l’état sioniste et connaissent parfaitement les sources hérétiques de ces doctrines. Nous pensons notamment aux travaux forts intéressants du Révérant Ted Pike. De même, en Afrique, les excès délirants des « paroisses » évangéliques conduites par des escrocs notoires et des gourous a produit assez rapidement une saine réaction parmi une jeunesse nombreuse qui s’est tournée vers une pratique plus sérieuse et pudique. Beaucoup mieux : une saine réaction qui, bonheur, pousse de plus en plus de ces égarés dans les bras de l’Eglise catholique.

Nos frères chrétiens, autochtones de Palestine, subissent régulièrement les attaques de groupes de provocateurs sionistes, qui ici, profanent un cimetière, là, dévalisent un lieu sacré. En décembre dernier, à la veille de la Nativité de Notre-Seigneur Jésus Christ, le leader du mouvement sioniste fondamentaliste Lehava, Benzi Gopstein, avait réclamé l’interdiction de la fête de Noël dans l’état sioniste[9] et appellé à l’expulsion des chrétiens de Palestine. Seule l’ignorance des masses réformées d’Amérique quant à la réalité du monde peut expliquer ce mépris de la situation des chrétiens d’Orient, ainsi que les conséquences terribles des guerres atlantistes conduites par les coalitions « occidentales » des Etats-Unis, de leurs séides « européens » et de leurs alliances saoudo-israéliennes au Proche-Orient.

La société sioniste installée en Palestine a produit des générations véritablement élevées dans la haine et la détestation. Ce qui explique que la radicalité des opinions d’une grande partie d’israéliens dont les familles sont installées là depuis une à plusieurs générations est en réalité fort répandue et ne peut être qualifié « d’extrême ». Raison pour laquelle aussi, les notions de droite, gauche, right et left-wing ne peuvent pas comprendre les mêmes définitions qu’en France ou aux Etats-Unis.

Aussi, l’opinion de Benzi Gopstein, présenté comme un « fondamentaliste d’extrême-droite » par la presse « progressiste » de Haaretz, doit-t-elle être relativisée dans la mesure où les éditorialistes de Haaretz, dits de gauche, expriment une vision du sionisme simplement plus policée et humaniste, peut-être plus hypocrite ou au mieux irréaliste, que les visions radicales mais plus franches et honnêtes des activistes identitaires du Lehava ? En ce qui concerne l’état et la société sioniste actuelle, coincée entre les lieux Saints et la luxure de Tel-Aviv, nous n’avons pas de doute, hélas, qu’elle court déjà à sa perte et que ses contradictions internes causeront sa chute avant 200 ans. Il faut prier du moins pour que cette chute entraine enfin la conversion des derniers Juifs à la Vérité du Premier de leurs compatriotes, Jésus Christ !

Nous avons confiance pour le Salut de l’Afrique, à la suite de notre très espéré Cardinal Robert Sarah : « J’affirme solennellement que l’Eglise d’Afrique s’opposera fermement à toute tentative de rébellion contre l’Enseignement du Christ et du Magistère de l’Eglise. »

[1] http://www.christianheadlines.com/blog/netanyahu-to-christian-zionists-we-have-no-better-friends.html

[2] http://afrique.lepoint.fr/actualites/a-kigali-netanyahu-evoque-le-lien-historique-du-genocide-07-07-2016-2052700_2365.php

[3] http://fr.timesofisrael.com/victimes-de-genocide-juifs-et-rwandais-se-comprennent/

[4] La famille du trafiquant d’influence internationale Bernard Henri-Lévy a notoirement fait fortune dans l’exploitation des bois précieux des forêts dans les colonies de Côte d’Ivoire et du Cameroun.

[5] http://jssnews.com/2011/04/26/laurent-gbagbo-israel-nous-a-soutenu-comme-vous-soutenez-un-ami/

[6] http://www.afriqueredaction.com/ext/http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2568p036-038.xml0/france-afrique-usa-soudansecurity-business.html

[7] http://www.algeria-watch.org/fr/article/analyse/proselytisme_evangelique.htm

[8] http://www.haaretz.com/israel-news/christian-zionists-unite-in-d-c-to-express-support-for-israel-1.374161

[9] http://www.foxnews.com/world/2015/12/23/jewish-far-right-leader-says-theres-no-place-for-christmas-in-israel.html

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