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Les attentats de Paris demeurent un acte presque irréel dans l’époque. Le charlisme et le post-charlisme ne sont qu’une continuité événementielle dans le festivisme et l’émotionnalisme régnant en maître dans l’esprit des masses de l’Europe post-moderne. C’est pourquoi nous constatons, avec beaucoup de peine, que nos compatriotes dans leur immense majorité, n’ont absolument rien compris, ni rien retenu des événements, et que la plupart d’entre eux ne retiendront jamais rien de leur vie des malheurs que l’époque traverse.

Il me souvient parfaitement, il y a deux, trois, quatre années de cela, des avertissements que nous délivrions à nos proches, à des amis, à de simples rencontres de débat, quant à la menace qui planait sur cette société républicaine insouciante, préoccupée de futilités, plus crédule et plus aliénée que jamais. Nous n’avions pas compris alors, que tous nos meilleurs raisonnements ne pouvaient atteindre les cœurs secs de nos contemporains. Nous passions pour de jeunes fous quand nous avertissions que le gouvernement de François Hollande armait en toute impunité des factions rebelles islamistes en Syrie, quand nous alertions de ces départs de convertis, de délinquants repentis pour le « djihad » de l’état islamique. On nous tenait alors, comme ces oiseaux de mauvaise augure. Quels sots nous étions, en effet. Quelle perte de temps. Mais aussi, nous étions encore trop jeunes, notre cœur débordait d’inquiétude et d’idéal. Puis, nous avons compris que l’orgueil démesuré de cette société sans Dieu, sans foi, aux valeurs fluctuantes, au démocratisme arrogant et incohérent, ne pouvait être détournée d’une voie de perdition et de néant vers laquelle elle semblait absolument vouloir se rendre.


Et puis, les attentats de Janvier survinrent et déjà, la masse immense, du bourgeois parisien à forte rémunération jusqu’au sous-prolétaire péri-rural, abreuvait sa soif de vide, de s’absoudre de quelque névrose dans ce grand néant expiatoire.

Et puis, l’été 2015 fut plein de signes pour le siècle à venir, plein de signes alarmants pour la république et ses dirigeants, ivres de suffisance et insensibles à toute raison, à toute bonté. Jamais, depuis la Iere guerre mondiale, les conséquences de 200 ans de révolution ne se firent plus explicitement sentir sur la Franc. Mais si les français d’alors avaient donné en holocauste leur magnifique jeunesse à la Foi si ardente, les français d’aujourd’hui ne sont plus capables de rien donner, car ils ne croient plus, pour la plupart d’entre eux, dans le règne de Notre Seigneur Jésus Christ. Et puis, la crise migratoire fit grand bruit dans les grands médiats de propagande qui agitèrent déjà le peuple. Comme souvent, une fracture binaire fut synthétisée dans l’opinion publique entre pro-migrants et anti-migrants. Mais cela faisait encore des années et des années, que nous avions prévenus nos compatriotes contre les méfaits du carcan de l’Union européenne et de la politique migratoire capitaliste et subversive conduite par les élites économiques et intellectuelles.

Et puis, les événements de Novembre 2015. Aujourd’hui encore, je constate les discours émotifs et pitoyables de nos contemporains. Je repense aux photos que nous envoyaient depuis des mois ces amis syriens, fidèles et honorables citoyens de la république syrienne qui combat le terrorisme islamiste depuis plus de cinq ans envers et contre tous. Ces photos, innombrables, étaient celles de terroristes islamistes en tenue de combat en Syrie, souvent les mains couvertes de sang et de cadavres, et, à côté de cela, les photos de ces mêmes hommes, parmi le flot des « réfugiés » qui arrivaient alors dans les gares routières de l’Europe centrale.

Vraiment, sainte soit cette année. Quelles démonstrations de puissance nous a fourni le Très-Haut. Quelle exemplaire châtiment que reçoit aujourd’hui la république et ses foules inertes, frappées chaque jour et comme inconscientes, se ruant en tout sens, passant de la terreur à l’hystérie consumériste sans transition, sans pouvoir comprendre, sans pouvoir revenir à la raison.

Toujours cet été, une nouvelle crise des prix de la viande, du lait et des céréales est venu frapper le mode agricole, conséquences directe de la politique parfaitement absurde de l’Union Européenne et de la république contre la Russie. L’arrêt des exportations de matières premières, notamment alimentaires, vers la Russie, a plongé l’agriculture industrielle subventionnée dans une crise définitive dont beaucoup ne se relèveront pas.

Tout l’indique. Nous pouvons avertir les français : ceux-là ne semblent plus capables d’entendre, de voir, d’écouter. Pourtant, cette société n’a jamais tant prétendu à son ambition d’ouverture, d’écoute, de vision. Jamais cette société post-moderne n’est jamais montrée aussi irréaliste, impie, infantile, méprisable. Et pourtant, il nous faut encore leur conserver de la pitié, plus que jamais.

Peu d’opinions interessantes, peu de regards clairvoyants. Celui du père Hervé Benoît tout d’abord, qui a été d’un grand réconfort pour ceux qui ont encore des yeux pour voir et des oreilles pour entendre. Seul un humble homme d’église pouvait lancer au monde hypocrite la somme de ses vérités :

«  Mais ce sont des morts-vivants. Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. Mais comment ne pas le voir ? C’est tellement évident ! Même déracinement, même amnésie, même infantilisme, même inculture… Les uns se gavaient de valeurs chrétiennes devenues folles1 : tolérance, relativisme, universalisme, hédonisme… Les autres, de valeurs musulmanes devenues encore plus folles au contact de la modernité : intolérance, dogmatisme, cosmopolitisme de la haine… Les uns portent le maillot du PSG – « Fly Emirates » en effaçant le berceau de Louis XIV, et les autres profitent du même argent pour se faire offrir un costume en bombes. Une minute avant leur mort, les uns et les autres étaient penchés sur leurs smartphones, comme accrochés au sein de leur nourrice. Ce n’est pas le retour du Moyen Âge, contrairement à ce que disent les crétins, c’est la postmodernité dans toute son absurdité. Le drame de l’humanisme athée, qui aime le diable, la mort, la violence, et qui le dit… et qui en meurt ! Le signe de la mort et du chaos ne flotte pas que sur les rues de Paris, un vendredi soir maudit. 130 morts, c’est affreux ! Et 600 morts, c’est quoi ? C’est le chiffre des avortements en France le même jour. Où est l’horreur, la vraie ? »

Et 40 morts la veille à Beyrouth par un attentat de l’état islamique. Et 40 morts, deux jours plus tôt à l’université de Lattakié en Syrie, par un attentat commis par un groupe rebelle islamiste faisait partie de la coalition politique de l’armée syrienne « libre » financée et armée par certains pays européens, dont la république française.

Seule une société aussi insensible, aussi peu spirituelle, pouvait demeurer aussi aveugle. Et l’ignoble Emmanuel Macron, nouvel agent de Rothschild dans le régime républicain, avait sans doute quelque délice en bouche lorsqu’il appuya sur les responsabilités de la société française dans ces attentats. Responsabilité qu’il impute, bien entendu, au manque de morale républicaine dans la société. Et si cette morale républicaine, c’est à dire cette absence pure de morale publique, expliquait en effet pour partie, ces événements ?

En vérité, Daesh contre la république, Daesh contre le monde moderne, Daesh contre la société libérale et libertaire, c’est le diable qui se brûle la queue. Nous savons, nous, que Daesh est une création de l’atlantisme et de ses services secrets. Il est inutile aujourd’hui de tenter de le faire comprendre à des masses hystérisées et aliénées. Il est inutile de tenter de faire comprendre aux masses, que les barbares qu’elle désigne, sont en effet, le reflet de leur monde, le prix de leur confort moral.

Enfin, l’autre parole de sagesse est venue de Philippe de Villiers :

« Nous pleurons sur les français et sur la France », mais : « La France est en dormition mais elle n’est pas morte. La barbarie va nous faire redécouvrir notre civilisation. Les yeux vont s’ouvrir. Et peut-être aussi les âmes. »

Les derniers résistants de France, les derniers croyants, eux, ont presque tous compris instinctivement qu’il était temps de laisser cette société à ses responsabilités, qu’il était temps de nous mettre à construire, à refonder, à reconquérir. Ce ne sont pas les jihadistes qui ont détruit la France, mais 150 ans de mauvais gouvernements. Au soir du vendredi 13 novembre, je ne me suis posé qu’une question : pourquoi cette foule ne se retourne-t-elle pas logiquement contre les gouvernements responsables de cette situation ? Ces mêmes masses abreuvées des propagandes télévisées, acquiescent bien, sans la moindre preuve, sans la moindre remise en question, quant quelque expert de plateau leur désigne un chef d’état en exercice légal, comme un génocidaire fou qu’il faut renverser et même exécuter au besoin. Pourquoi alors, ces masses qui parlent toutes de libertés et de démocratie entre deux sanglots devant les caméras de télévision, n’ont-elles pas la présence d’esprit suffisante à appliquer concrètement leurs prétentions citoyennes ?

Ces questions, en vérité, n’ont plus aucun sens. Que cette société républicaine meure d’elle même et que les impies meurent avec elle.

Nous avons quant à nous un pays à conquérir, avec patience, ardeur, piété, espérance et grande confiance dans Notre Seigneur Jésus-Christ qui est Roi.


Chers frères, ayons pitié des barbares, libéraux ou terroristes. Ils sont frères dans le pêché, frères dans l’infortune, frères dans la mécréance. Que pouvons nous pour eux sinon prier, être des exemples, pratiquer l’apostolat simple du chrétien comme nous le recommande Bienheureux Charles de Foucault. Et peut-être que nous n’aurons pas nous même un jour à les châtier durement de leurs excès. Car, aimer son ennemi, c’est le combattre.

« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté. Tenez donc ferme: ayez à vos reins la vérité pour ceinture; revêtez la cuirasse de la justice; mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix; prenez par-dessus tout cela le bouclier de la foi, avec lequel vous pourrez éteindre tous les traits enflammés du malin; prenez aussi le casque du salut, et l’épée de l’Esprit, qui est la parole de Dieu. Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières et de supplications. Veillez à cela avec une entière persévérance, et priez pour tous les saints. » (Eph 6, 12-16) 

1 PÈRE HERVE BENOIT, « Les aigles de la mort aiment le diable« , Riposte Catholique, 20 novembre 2015, Nous laissons au père Benoît la responsabilité de cette considération relative aux « idées chrétiennes devenues folles » qui nous évoque des lectures et des analyses peu orthodoxes influencées par la nouvelle droite et certaines de ses tendances chrétiennes néognostiques. Ce ne sont pas les saintes valeurs de l’Évangile qui sont « devenues folles », mais l’esprit de l’Homme glorifiant l’Homme et son plaisir, qui est empreint de folie.

~ A r g e n t i n a t ~

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