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Depuis quelques semaines, une association nord-vosgienne rassemblant des protestants et des catholiques des environs de Seebach et Schleital a lancé une initiative en faveur de l’accueil de familles de migrants syriens chez des citoyens volontaires. Saluons cette louable initiative, mais posons-nous tout de même quelques questions à propos de la charité qui anime les gens de bonne foi. Dans le reportage qui a été consacré à l’association dans le journal télévisé régional FR3 du 8 novembre dernier, il nous a semblé qu’il s’agissait là davantage d’un acte de charité emprunt de droitdelhommisme et de charlisme (pour user de néologismes très actuels), c’est à dire d’un courant de mode, de l’émotion du moment, plutôt que le fruit d’une intelligence chrétienne, car :

En effet, dans tout le reportage, ni le prêtre, ni la femme du pasteur, ni les paroissiens, ne posent la question de l’accueil de migrants chrétiens. Quid alors, de la pertinence de cette charité, si elle ne se dirige pas en priorité, certes pas exclusivement, à nos frères chrétiens qui ont subi les pires persécutions et les plus grandes injustices ? Certes, la charité chrétienne ne s’arrête pas aux chrétiens seuls. Mais, dès lors, quel est le sens à donner à cette mission d’accueil, si ce n’est d’en faire aussi une mission d’évangélisation ? S’agit-il d’une charité à objet matérielle (intégration socio-économique au libéralisme, à la société multiculturelle d’exploitation-consommation et aux pseudos-valeurs du régime), ou bien d’une charité spirituelle (intégration sociale, économique, communautaire, au règne social de N.S.J-C) ?

Le côté œcuménique de l’association (initiée par Mme. Holcroft, l’épouse de pasteur de Seebach) n’est gênant que dans la mesure où l’initiative n’a pas émané de la communauté catholique elle-même. Qu’on comprenne ici, qu’il ne s’agit nullement de jalousie ou d’opportunisme, mais de raison et de vraie charité. Car, dès lors, qui évangélisera ces familles qui ne seront pas forcément chrétiennes ? Le pasteur évangéliste, ou le prêtre catholique ? Est-il souhaitable pour un catholique, d’accueillir une famille et de les exposer à l’influence des prédicants ? Est-ce là vraiment un acte de charité pour le catholique ?

La situation du catholicisme en Alsace du Nord demeure quelque peu inquiétante car on y trouve encore trop de clercs tièdes, plus guère de missions, trop peu d’efficacité sociale. En somme, depuis les destructions de 1945, le catholicisme végète largement dans nos villages, vivotant sur les restes de l’activisme social porté par les grandes familles catholiques revenues dans le pays depuis Louis XIV. Ainsi, au delà de l’accueil des migrants, nos curés ne doivent pas oublier qu’il y a encore une grande œuvre d’évangélisation à accomplir dans le pays de Hanau-Lichtenberg, dont les habitants ont été forcés de se convertir au protestantisme par le seigneur local en 1555. Le protestantisme dans ce pays est luthérien, rarement calviniste, rural et populaire, mais il est essentiellement un témoignage historique et quasi-touristique. Est-il bon, pour un prêtre en charge d’une paroisse, de s’associer ainsi aux protestants, quand bien même, pour une œuvre de charité ? La question se résout autrement : c’est bien aux prêtres et aux paroissiens catholiques de prendre de telles initiatives.

Enfin, nous posons encore la question du sens de cette mission d’accueil. Un homme bon qui veut faire acte de charité, doit être prudent envers lui-même, afin de ne pas altérer le sens de sa démarche : une intention bonne ne signifie pas nécessairement et essentiellement une action juste. Nous observons déjà dans nos villages, comment certains paroissiens et prêtres libéraux et progressistes, ont éloigné de la Foi, bien des gens du pays qui observent désormais un libéralisme parfaitement désordonné en matière de spiritualité. Dans nos forêts, viennent se réunir les associations de sorcières Wicca et les temples bouddhistes et zen. Les foyers protestants sont sans aucun doute les plus atteints par ce phénomène, et beaucoup de leurs enfants sont devenus athées ou pire, retournés à l’inconscience païenne. C’est pourquoi les prêtres ont une responsabilité dans l’actuelle crise des migrants. Diriger la mission d’accueil vers les réfugiés chrétiens est nécessaire, car les masses populaires, notamment celles attirées par le populisme, sont aussi celles le plus sensibles à verser dans l’anticléricalisme primaire, en considérant que l’Église s’associe à ce que l’opinion publique considère comme une invasion migratoire intolérable.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/bas-rhin/l-alsace-du-nord-se-mobilise-pour-aider-les-refugies-847671.html

 

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